Ligue des droits de l'homme

20 ans d'informatique
dans le centenaire

 

IDDN certification

 

"Ce n'est pas parce que le but recherché est légitime que les outils utilisés ne sont pas scélérats" : cette phrase entendue lors de la célébration des 100 ans de la Ligue des droits de l'homme, le samedi 9 mai, au parc de la Villette, pourrait être retenue pour illustrer la perplexité du citoyen fiché de la fin du XXème siècle : homme "moderne", il apprécie le rôle grandissant de l'informatique dans son environnement ; citoyen individualiste, il appréhende son aliénation par le groupe dominant, qu'il s'agisse de l'Etat ou des puissances financières. Aussi, la LDH, constituée voici 100 ans en pleine affaire Dreyfus, n'a-t-elle pas manqué de prendre opportunément en compte ces menaces d'un autre type que constituent les technologies de l'information et de la communication.
Déjà Yves Jouffa, président de la Ligue avant Henri Leclerc, s'intéressait vivement à la Cnil dont il fréquenta les rencontres dès ses débuts. Ce 9 mai, il a donc eu l'occasion tant de participer à l'immense ovation réservée à son successeur que de suivre la communication du responsable du groupe "informatique" de la Ligue, le très actif Alain Weber (voir p. 164). Celui-ci intervenait sur les thèmes rendus familiers par la loi "Informatique et libertés", auxquels se mêlaient des questions plus contemporaines.
Après avoir souri : "C'est mon premier centenaire", Alain Weber a rappelé les combats de la Ligue, notamment contre la vidéosurveillance. Des droits nouveaux sont à définir : plus que le droit à l'oubli importe aujourd'hui le droit à ne pas être identifié. Ainsi, à propos de la "cartécole" : "C'est bien pour savoir qui est présent dans l'établissement, mais pourquoi demander à connaître la langue maternelle des enfants ?" Quant aux "sujets cybersociétaux", les fichiers de comportement, les fichiers de sons ou d'images et les cookies, ils figurent parmi les thèmes fréquents d'investigation de la Ligue. Mais c'est l'interconnexion des fichiers et l'informatisation de l'action sociale qui l'inquiètent le plus, avec l'utilisation du numéro de sécurité sociale, "que rêvent d'avoir tous les pays fascistes tant sa structure est puissante".
L'analyse des nouveaux risques conduirait-elle à la prédiction d'une déroute inéluctable du libre arbitre ? A une question de la salle, Alain Weber répond : "L'intelligence humaine l'aura emporté si le prochain centenaire de la LDH n'est pas tenu par les ordinateurs de nos clones".

 


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